Arrêtez d’humilier mon père, cessez son massacre !

Quand je me trouve  sur le terrain, je n’utilise pas mon smartphone. Le signal internet passe très mal dans le fin fond d’Haïti et aujourd’hui encore, certaines régions du pays ne connaissent pas l’existence du courant électrique. Le pragmatisme consiste à utiliser un téléphone offrant solidité, et autonomie d’une semaine. Lorsque l’alerte de ma maman m’est parvenue, j’ai dû marcher deux heures à travers les montagnes pour arriver à un point de taxi moto. C’est le quotidien de certaines des personnes avec qui je travaille pour aller au marché, au dispensaire le plus proche, à l’école ou tout simplement pour visiter leurs enfants en ville. Je vous parle d’Haïti en 2017.

Je ne vous adresse pas ce message pour parler de moi ou de mes activités professionnelles, non, loin de là. Mon implication et mes sacrifices pour contribuer à l’auto gestion et à la prise en charge de certaines communautés en Haïti n’est pas une quête de reconnaissance. C’est mon engagement et l’expression de ma volonté pour un développement réel et une amélioration des conditions socio-économiques en Haïti.

Lorsque je suis arrivé à la maison, j’ai trouvé ma petite sœur en sanglots. J’ignorais encore ce qui se tramait. Je questionnai ma maman, elle me conseilla de consulter les réseaux sociaux, ou, à défaut, mon téléphone. À peine mon internet connecté  (chez nous le mégabyte s’économise), les messages pleuvaient. J’avais eu droit à ma dose de choc. La prestation de serment de mon papa pour son troisième mandat de CASEC est venue hanter notre famille. Sur les forums, des personnes qui me connaissaient, évitèrent de commenter. D’autres partageaient la vidéo avec des commentaires tous plus irrationnels les uns que les autres. Des haïtiens de la diaspora s’érigèrent en donneur de leçons. Les faiseurs d’opinions des émissions à grande écoute se lavèrent les mains et procédèrent à la lapidation de mon papa comme lors des cas de viol, la victime est jugée coupable parce que nous voulons avoir bonne conscience.

Je vais vous parler de cet homme qu’est mon papa. L’objectif n’est pas d’obtenir votre pitié, mais, de préférence, rétablir l’honneur d’un homme bien, rude travailleur, humaniste et aimant de sa communauté.

Né le 4 décembre 1962, mon papa n’a pas connu son père. Sa mère est morte en le mettant au monde. Élevé par sa grand-mère que nous appelons affectueusement manmie, c’est un héros. Scolarisé après 6 ans, il a eu son certificat d’études primaires à 19 ans. C’était une grande joie pour toute la famille, avant lui, personne n’avait eu le privilège d’aller à l’école.  Après son CEP, il a été admis dans une école vocationnelle où il a appris l’élevage. Parallèlement, il s’est formé à travers des organisations paysannes et communautaires. Comme beaucoup des enfants de nos milieux ruraux, il ne parle pas français. Mais, c’est un homme pragmatique et laborieux qui a travaillé toute sa vie. De mon enfance jusqu’à mes 30 ans, jamais la pluie ou une situation ne l’ont retenu au lit. Même lorsqu’il ne se portait pas bien, il ne ratait pas une rencontre ou un atelier, où souvent il était invité à partager ses expériences. Il n’avait pas attendu d’être candidat ou de devenir CASEC pour se mettre au service de sa communauté. Grâce à l’application de ses conseils, notre section communale a été exempt des dégâts de l’épidémie de charbon (anthrax) sur nos vaches et bœufs ainsi que la crise de la vache folle.

La politique, c’est la dernière chose qui l’intéressait. À travers des organisations sociales de bases, il s’était toujours impliqué pour notre communauté. Qu’il s’agisse de mes sœurs ou moi, nous pouvons dire qu’il n’a pas attendu une fonction ou un emploi au niveau de l’administration publique pour nous offrir une vie décente. Cela fait 5 ans que je suis licencié en agronomie et que je développe des projets en agro-foresterie et en agro-écologie, jamais je n’ai été renvoyé de l’école ou de l’université. De sa vie, il s’est fait un sacrifice pour nous éviter les peines qu’il avait connu.

Avant de se porter candidat au poste de CASEC, la population l’a plébiscité. À travers ses connexions dans les organisations communautaires, il a ouvert un dispensaire dans la zone où des cubains viennent régulièrement dispenser des soins à la population. Toute personne née et qui a grandi ici peut aussi témoigner de son dynamisme et de toute l’énergie qu’il a mis dans la création d’une coopérative paysanne de transformation agro-alimentaire. Aujourd’hui notre communauté est exportatrice de produits bio et nous travaillons pour faire reconnaître notre marque d’origine sur le marché équitable. Parmi les 5 sections communales de la commune, nous avons le plus haut taux de scolarisation et la déperdition scolaire se recule à chaque jour. Grâce aux bénéfices générés par la coopérative, nous avons une école communautaire très bien structurée dont les résultats aux examens de 9e AF n’ont rien à envier aux écoles étrangères, congréganistes et privées.

Pour les voisins, mon papa est un modèle de discipline et de leadership conseillé aux enfants. C’est un serviteur de sa communauté. Pour nous, sa famille, c’est le meilleur des pères et un bon mari. Jamais je n’ai entendu ma maman se plaindre ou je ne l’ai vue s’effondrer dans des crises de jalousie. Pour avoir grandi sans père, mon papa sait ce que cela implique une relation extra-conjugale et les conséquences que cela puisse avoir sur l’avenir des fruits qui en ressortaient en cas d’accident ou juste pour satisfaire le désir de procréation de sa partenaire. Il m’exhortait toujours à être un bon mari et un bon père. Il  m’invita dès mon jeune âge à lui assister dans ses activités en vue de m’inculquer l’amour du travail et l’attachement à sa terre natale.

Il avait un rêve, il s’était battu pour sa réalisation. Vous ne nous connaissez pas, mais moi, mon frère et ma sœur sont de véritables serviteurs. Ma sœur est infirmière en ville. Mon frère, orateur comme lui seul, est avocat militant au barreau de notre chef-lieu. Mon papa ne s’exprime pas en français, ce n’est un secret pour personne et il n’allait pas se prêter à pareil exercice si on ne l’avait pas obligé. Il est loin d’être un nul ou un citoyen passif attendant son intégration dans l’administration publique pour faire son beurre. Son avenir est derrière lui, bien vécu, aujourd’hui il ne fait que mettre son leadership et ses compétences au service de sa communauté.

Comme toute personne sur terre, sa vie est un défi. Il la vit avec amour. Cela lui arrive de trébucher et de pleurer, à chacun ses points faibles, mais il s’est toujours relevé pour continuer d’aller de l’avant. Aujourd’hui encore il va se relever. Peut-être qu’un jour vos enfants étudieront ce qu’a réalisé cet homme comme beaucoup d’autres qui ne savent pas lire et s’exprimer couramment en français.

Job Peterson Mompremier

Fils d’un paysan-CASEC

27, 28 juin 2017

40 Commentaires

  1. Merci Job, moi aussi je me sens mieux soulage. Je ne te connais pas non plus, mais qui mieux que toi pouvait répondre a cette folie collective, a cet atmosphère de lapidation publique. SVP, transmets toutes mes félicitations, ma solidarite et mes remerciements, a ton père pour son parcours et le travail accompli.

  2. Félicitations , tu as bien su assurer la défense de ton papa..ceux qui le critiquent ne sont autres que des idiots cultivés

  3. Merci Peterson. Toi seul à su ramener cet homme a une dimension humaine. Bien que j’ai mes opinions, je dois avouer que savoir lire ne détermine la personne en soie. Par le simple fait d’inculquer ces valeurs à ses enfants prouvent qu’il est un homme bien.

  4. nou haitien nou telman ipokrit e ipokrizi nou se yonn nan koz malheur nou, se nou menm ki ekri nan manman lois peyi a ke nou gen 2 lang ofisyel, nou tout konnen byen pa gen 5% nan moun ki tal lekol e ki menm fe universite ki pale francais byen. pouki rezon nou pat ekri diskou pou kazek yo nan 2 lang ofisyel nou yo??? konsa yon elu ki kwel ka pale francais te gen dwa chwazi prononse diskou li a en francais e yon lot ki pi alez ak lang manmanl lan patap bezwen fe yo imilyel nan prononse diskou nan yon lang ki pa pou li. si nou menm nou pa deside mete lang nou an valeur kiyes kap vinn bal valeur pou nou? ki kote nou vle rive ak ipokrizi sa a ki pa sispann detwi nou pou gran mesi devan je lot nasyon kap gade nou???? eskizem wi pou kalite kreyol kem ekri a paske machine map ekri a mpa ka jwenn aksan yon donk mwen oblije mete kek mo an francais pou son yo ka byen soti.
    mon cher agronome, papaw pat dwe menm kite banm ignoran imbecil ipokrit sa yo a rive sou ak komante 2 grenn goch yo a e non pli nou menm tou kom pitit li yo nou pat dwe kite nou afekte .se inyoran kap pale nou pap janm ka jije valeur yon moun nan le nap forsel pale yon lang ki pa pou li. mwen menm si sete papam li tap tou di sal gen poul di a en kreyol pal la paske li pa menm konn li. kembe la pa moli

    1. Bravo frèm mwen felisitew pou bèl rale saw fè a ayisyen inyore pwòp tèt yo vre wi ,Mwen pa knn kote ipokrik sa ap rive nan san nou non…

    2. Bravo frèm mwen felisitew pou bèl rale saw fè a ayisyen inyore pwòp tèt yo vre wi ,Mwen pa knn kote ipokrik sa ap rive nan san nou non…

  5. Moi ce qui m’avait derangé, c’est le problème d’utiliser la langue créole qui est aussi notre langue et bien mieux comprise et mieux parlée par notre peuple. Je n’ai même pas rie, il n’y avait rien de risible d’ailleurs, c’était juste enervant. Parle créole, c’est tout. Je vous dirais merci pour la presentation et courage à votre famille. Cela ne sert à rien de pleurer ou d’avoir honte vous savez ce que vous valez et vos proches le savent aussi. Pour le reste vos actes, et ceux de vos pères parlent déjà et continueront à parler pour vous. Alors levez la tête et avancez. Surtout n’oubliez pas de mettre Dieu au centre de tout.

  6. Merci Agronome Monpremier d’ avoir écrit cet article pour réhabiliter votre père. Je salue votre courage et votre audace.
    Je dis bravo pour tout le parcours de votre père dont vous nous avez peint le tableau. Honneur et Respect! Oui Onè Respè pou yon Ayisyen vanyan ki konprann se nan renmen fanmil ak peyil, se nan travay di, li ka fè peyi nou vanse… Pa nan pran fanm adwat agòch.
    Chapo pou w, kazèk Mompremier. Mèsi pou tout saw te reyisi fè. Kouraj pou tout saw pral kontinye fè.

  7. Superbe réponse. Bravo à votre père qui donne le meilleur de lui-même pour sa sèch, pour le pays !
    Comme je l’ai dit pourquoi tous ces textes de prestations de serment ne sont-ils pas traduits en Créole, 2e langue officielle constitutionnellement ?

  8. Malheureusement nos freres haitiwns que j’aime beaucoup sont toujours plus enclin a critiquer qu’appercier les valeurs d’un homme. Mon cher Peterson je te felicite pour ton courage et pour l’amour envers ton pere et ta mere. Dis leur qu’il y a en Haiti des personnes qui les apprecient beaucoup. Nos parents, nos grands parents n’ont pas eu les memes facilites que nous. Ils se sont sacrifies pour faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Beaucoup de ceux-la qui ironisent les autres se sont arranges tout simplement pour renier leurs origines. Ils n’ont aucune reconnaissance envers leurs parents. Felicitations.

  9. La majorité de ceux qui se sont regales a lapidé ton pere n’ont rien a raconter,au moins,il a essayé, il a osé et il a fait ses preuves en nous donnant des enfants bien eduques. Je me demande combien d’entre eux savent eux memes bien parles le francais.
    J’aime ce vieux dicton  » nou kite bourik lan nap bat sak pay lan « 

  10. Pale franse pa lespri.
    Kreyòl pale, kreyòl konprann.
    Nou kontan, sitiyasyon sa yo ap ede plis ayisyen konprann pi byen nesesite pou nou sèvi ak lang matènèl nou toupatou, nan tout nivo, tankou tout pèp sivilize. Se yon dwa fondalnatal pèp ayisyen an pa dwe konyinye negosye ak pèsonn.

  11. Je trouve que le peuple haitien doit grandir et vaincre ses demons. Haiti n’a pas besoin de leaders qui parlent français puisque 90% de la population ne s’expriment pas correctement dans cette langue . Heureusement que M. Mom premier a eu l’intelligence d!avoir des enfants bien formes capables de prendre la relève et jouer un rôle important dans leur pays. J’ai beaucoup aimé le portrait que vous avez fait de votre père.

  12. Gen yon pwovèb Aysyen ki rezoud pwoblèm sa a depi dikdantan, epoutan toujou gen anpil egri ki kontinye ap mete latwoublay nan sosyete nou an nan pale moun mal paske yo pa konn pale franse. « Pale franse padi lespri ».

  13. Une Conclusion parfaite: Aujourd’hui encore il va se relever. Peut-être qu’un jour vos enfants étudieront ce qu’a réalisé cet homme comme beaucoup d’autres qui ne savent pas lire et s’exprimer couramment en français.
    FELICITATION!

  14. Pouki sa yon Haitien doue prete seman an franse, paske yon moun pale franse, anpil Haitien rele moun sa [intelectuel]. Mezanmi si sesa tout pep franse yo se [intelectuel]. Vizite France,Canada oua ban-m response. Monpremier,zanmi-m papa ou se gro gason kap travay pou Haiti ka vin-n bon yon jou. di-l pou mouin nou Haitien ki nan diaspora nou rinmen-l, kimbe la, kontinue travay ak payzan yo.

  15. Je ne vous connais pas Job Peterson Momprenier, ni ne connais votre père. Néanmloins je tiens à vous féliciter pour avoir défendu son honneur, tout en indexant l’hypocrisie et la bêtise qui gangrènent notre société. Je salue le dévouement de votre père envers sa famille, sa communauté et son pays. De même que ce qu’il a réalisé en dépit des préjugés et discriminations sociales. Cet homme a droit à des excuses.

  16. Tu devrais porter plainte au CEP qui doit des excuses à ton père, serviteur public, et t’assurer que ces humiliations n’arriveront plus à personne.

  17. Tu devrais porter plainte au CEP qui doit des excuses à ton père, serviteur public, et t’assurer que ces humiliations n’arrivent plus à personne.

  18. Cher Job Peterson Mompremier.

    Je compatis à la douleur que vous et votre famille avez ressentie face aux réactions tout-à-fait humaines et justifiées devant l’incapacité affichée de votre père à « répéter », non pas à lire ou à écrire, le serment des Casecs lors de son entrée en fonction pour troisième fois.

    Rien n’explique ni ne justifie cette inaptitude puisque, dans votre lettre « portrait de mon père », vous précisez que ce dernier a obtenu son certificat de fin d’études primaires.

    A ce niveau là, on devrait savoir lire ou tout au moins être capable de répéter un mot ou une phrase. En primaire, il est enseigné à lire et à bien ânonner les mots. Personne n’a massacré ni humilié votre père, c’est plutôt lui qui, librement, s’est donné en spectacle
    et à largement et sottement prêté le flanc à la critique acerbe mais justifiée de ceux qui estiment sa prestation piteuse. Celà me rappelle ce fameux Ministre de l’Éducation qui, pour excuser ses erreurs grossières, faisait appel à ses origines paysannes et à l’ignorance inculte de sa mère… Le Ministre était tout simplement médiocre.

    Moi aussi, je suis de souche paysanne et connais bien les valeurs, les tares et les complexes de nos parents paysans. Combien de fois ai-je eu à dire à un oncle ou à un cousin qui m’avaient demandé de leur écrire un discours en français pour un mariage, qu’ils feraient mieux de s’exprimer, de préférence, en créole, notre langue vernaculaire à tous, pour que l’assistance puisse les comprendre et qu’eux soient en mesure de s’exprimer sans crainte de dire des tintinnades.

    Mais j’avoue que nos paysans applaudissent bien plus quand l’un des leurs délivre un discours en français approximatif. Quelle aberration!

    Mais c’est notre réalité.

    Cher Job,

    je réagis à votre lettre parce que j’ai une autre conception, une autre vision d’Haïti. Je rêve d’une Haïti où l’on retrouve les gens qu’il faut à la place qu’il faut. Et vous comprendrez ce que je dis.

    Je voudrais voir des gens bien éduqués, bien formés, comme vous, fils de paysans, devenir Casecs et Asecs pour reprendre en main les destinées de nos sections communales, pour les ouvrir au développement et à la civilisation.

    Cessez de pleurnicher !Apprenons à nos papas et à nos mamans.C’est un devoir filial.Et pas d’excuses…

    Aux prochaines élections, remplacez donc votre père, déjà épuisé par tant d’efforts et d’épreuves. Peut-être que vous allez considérer mon conseil comme une insulte et que votre rêve à
    vous, est à l’instar d’un Gracia Delva, d’un Wilot Joseph, d’un Beliard ou d’un Jovenel Moise,d’un fureur Michel Martelly de devenir Député, Sénateur, Ministre ou Président.

    Au moins, commencez là où je vous indique et votre ascension sera peut-être fulgurante !

    Il faut arrêter de justifier la médiocrité.

    Recherchons l’excellence qui conduit à la grandeur, à la beauté, aux grandes réalisations, à la production, à la création d’emplois et à la
    création de la richesse.

    Nous avons toujours été dirigé (sauf de rares exceptions) par des médiocres et des nuls… C’est la médiocratie et l’incompétence qui sont aujourd’hui à l’honneur et qui frappent lourdement de leurs bottes, trop bien faites pour leurs pieds lourds et épais, les céramiques du palais national. Et nous les retrouvons dans toutes nos institutions. C’est pourquoi les résultats sont pauvres, chétifs, étriqués et maladroits….

    Nous ne sommes pas pauvres par accident ni par punition mais par manque de compétence, de sérieux et d’inspiration. Nous sommes encore sous-développé parce que dirigés par des médiocres des nains et des voleurs

    Votre père est un homme de bien, fantastique, remarquable, fidèle mari…mais pas à sa place…. Vous vous êtes l’espoir de
    demain, la compétence en devenir.

    C’est avec des gens comme vous qu’il faudra construire la nouvelle Haiti.

    Fils et filles de paysans éduqués et bien formés aujourd’hui, soyons fiers de nos origines, de nos mornes, de nos racines de nos « bitations » et nos mapous. Stimulés par les préjugés et les humiliations subis par nos géniteurs, sans rancune aucune, relevons le défi. Occupons-nous de nos sections communales, chérissons l’excellence et appliquons ce principe: « L’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».Alors rira bien qui rira le dernier.

    Bien à vous.

    Père Jean Miguel Auguste.

    1. Les réflexions du Père Auguste suscitent de l’espoir tout en me faisant penser à deux notions essentielles qui sont souvent absentes dans l’imaginaire collectif haïtien : Objectivité et Rationalité.

      OBJECTIVITÉ : De toute évidence, il convient d’admettre que le système éducatif haïtien est en chute libre. Il est impératif que des mesures énergiques soient prises pour qu’un citoyen haïtien détenteur de son certificat d’études primaires (actuellement 6e année fondamentale) puisse lire convenablement quelques lignes en français ou en créole.

      L’efficacité de notre système éducatif conditionne l’évolution convenable de la nation dans un monde de plus en plus informatisé et organisé comme un énorme village planétaire où chaque villageois est en communication permanente avec l’ensemble des membres de la communauté.

      Objectivement, il est facile d’imaginer que les citoyens non scolarisés ou moins bien scolarisés risquent de subir la domination ou la moquerie des autres.

      La sensiblerie (sensibilité affectée et outrée) qui caractérise la plupart des réactions à la lettre de Job ne nous mènera nulle part dans cette jungle mondiale organisée par les êtres humains au stade actuel de leur évolution.

      La solution n’est pas dans la recherche de la compassion des autres mais dans la prise de dispositions adéquates pour vivre selon le niveau d’évolution de l’espèce humaine; ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui pour le peuple haïtien.

      RATIONALITÉ : Il n’est vraiment pas rationnel d’imposer le français à un citoyen créolophone qui s’adresse à une assemblée ou un public créolophone dans son pays natal où le créole est une langue officielle.

      Sans être historien, je suis convaincu que parmi les Pères de la Nation Haïtienne, les généraux de l’armée indigène, nombreux sont ceux qui ne pourraient pas lire convenablement les lignes en français imposées à notre élu en 2017.

      Plus de deux siècles plus tard, qu’avons-nous fait pour honorer les glorieux efforts des « va-nu-pieds » de Saint-Dominique ?

      Ernst GILMUS
      Arrière petit-fils d’un sous-officier de la 9e demi-brigade de l’armée indigène.

    2. Père Jean Miguel Auguste, mwen byen regrèt sa paske ou mal komanse wi la! Wap pale de edikasyon ak fòmasyon men sa sa vle di pou ou menm? Èske pale fransè se youn nan bagay ou yon sitwayen dwe genyen pou li ka sèvi kominote li nan nivo sa? Si wi nou dwe deklare sa pou tout konnen konsa yo pa tap janm vote li. Li tap kontinye sèvi nan lot discipline ki pa nesesite francais.

  19. Job Peterson Mompremier je suis heureuse que vous ayez fait cette mise au point qui a permis de découvrir cet être digne de respect et d’admiration qu’est votre père. Nos concitoyens en grande majorité se comportent comme des êtres superficiels, critiquant pour le plaisir de rabaisser ou de détruire plus faibles qu’eux; mais adulant et encensant ceux aux-quels appartiennent le pouvoir, l’argent et la position sociale dont ils ont tant rêvé. Les vraies valeurs que prône votre Père leur sont totalement inconnues!!! C’est tout bonnement écoeurant de constater leur taux de méchanceté!!!

    J’espère que votre famille et vous-même surmonterez bien vite cette tentative d’humiliation que vous avez avez renversée avec brio!!! Je dis bien tentative car l’idéal, et la vie exemplaire des membres de votre famille, devraient faire naître des sentiments de honte et de remord chez ceux qui se sont si lachement acharnés a ridiculiser un homme dont le cheminement devrait inspirer le plus grand respect. Cela me rappelle les paroles du Christ: «  »Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font!!! » » – Et je me demande vraiment si ils se rendent compte qu’ils sont entrain de détruire les minces chances de survie de notre Pays.

  20. Mon père pourrait ne pas mieux performer dans ces circonstances Agronome Mompremier car moi aussi je suis fils de paysan et je vis à Montréal pour le moment. Mon père, tout comme le vôtre, Agronome, ont le grand honneur de croire en l’éducation et n’ont pas marchandé leurs efforts pour qu’on puisse les défendre comme vous avez le courage et la détermination de le faire aujourd’hui. Ce ne sont point les commentaires et les postes partagés qui participent au massacre de la performance des CASECS, ce sont ces idiots, ces apatrides qui ont choisi de les obliger à prêter le serment d’usage dans la langue de Molière alors que le créole est officiel au même titre que le français selon la constitution en vigueur. Les CASECS devraient avoir les deux textes de prestations 24 heures avant leur prestation et choisir la langue dans laquelle ils (elles) sont plus à l’aise. De plus, comme on le fait dans de nombreux pays, le juge responsable de la cérémonie devrait faire répéter dans de courtes phrases le contenu du texte aux élus en leur demandant de lever la main droite. Si j’étais au pouvoir, je révoquerais le même jour cet imbécile qui était responsable de l’humiliation d’honnêtes citoyens sans doute ne cherchant qu’à servir leurs communautés, je ne peux pas être politicien ni … c’est pourquoi je choisis de m’exiler !!!

  21. Job mesi paske ou ekri tesk sa a, ayisyen nou ye nou tout konnen kisa papa nou ak manman nou ki pa konn li represante. Mwen felisite w pou tesk sa. Mwen se pitit moun ki pa konn li ak pale franse men ki gen anpil konesans. Papa w gen anpil konesans, e li gen konsyans.
    Mwen solidé avek ou.
    wi nou se Pitit peyizan. E moun kap pale anpil yo dwe di menm jan ak nou. Yo se pitit Peyisan..
    Kenbe La

  22. https://youtu.be/wzJbwnfO_4MKi lang Nou palé an Haiti vré?Je suis désolé, ce n’est pas humoristique pour moi! J’ai tellement de respect pour le compatriote qui ne peut pas dire je jure, je le respecte pour son désir de servir son pays en participant à un scrutin pour représenter sa communauté.
    Il n’est pas un secret qu’Haïti ait deux langues officielles comme le Canada, pourquoi ce compatriote ne pouvait-il pas prêter serment an Créole la langue officielle qu’il parle couramment? Peut-être parce que ce ne serait pas comique.
    Nous devons faire preuve de respect envers ceux qui contribuent à faire en sorte que la démocratie fonctionne mieux dans notre pays d’origine. Je te parie! Toutes ces personnes qui se moquent de ce patriote n’ont jamais voté en Haïti pas une fois dans leur vie.

  23. Il s’agit ici d’un problème linguistique. On a deux langues officielles, pourquoi n’avait-on pas préparé le serment en ces deux langues out tout
    simplement en Créole pour toute personne qui ne domine pas le français?

    C’est là encore la suprémacie du français sur le créole. Le créole doit continuer à forger sa place en Haïti.

    Tercius Belfort
    addayiti@gmail.com

  24. Pou sila yo ki leve épi ki jwenn paran yo ak yon sirèt nan kwen bouch yo, entelijans ak konpetans se nan pale fransè sa chita. Se yon ekip inyoran san bon sans ki paka konprann ke yon blan franse pale lang manman l menm jan yon bon Ayisyen se kreyòl la ki pou li. Mèsi pou papa w. Se yon modèl gason ke nou manke nan peyi nou.

  25. Nou tout nou se viktim sistèm nan nan yon fason ou lòt menm ak papaw ki viktim jodia. Ann fè efò pou chanje sitiyasyon an. Lè nou chita nan kapital la. Nou pa janm konn lavi peyizan yo vre. E nou pa janm fè anyen pou n chanje sitiyasyon yo. Jodia se papaw ki vikim. Demen, nou pa konn kiyès.
    Sa ke mwen deplore anpil, se lè moun yo pran tout sa kazék ak azèk yo di pou yo diskrimine peyi a san yo pa janm rann kont se yo ankò ki lakoz sa.
    Monchè, di papa w kontinye travay nan respè ak disiplin. Paske se la vrè valè a ye.

  26. Job Peterson, mes compliments à toi et à ton père.La mentalité de colonisés trop forte encore chez nous porte certaines gens à faire des critiques stupides à ne pas placer les evènments dans leur contexte et `à ne pas penser aux solutions réelles. Si on dit que chez nous le créole et le français sont deux langues officieles, on ne doit obliger personne à preter serment en français. Une loi doit etre prise à ce sujet. Le Parlement a son mot à dire à ce sujet Que certianers personnes cessent de croire qu`elles sont autorisées à donner des leçons aux autres sans connaitre leurs circonstances

  27. M genyen 2 pitit gason, m espere ke yo va va grandi pou yo ka pitit diy tankou w. M pataje soufrans ou, aprann ke chak moun kite chita ap pataje videyo a, ekri vye kòmantè anba l se paske yo te wè pwòp paran yo ke jounen jodiya yo wont de yo. Ou se yon pitit ke chak moun tankou papa w ki travay di tout vi yo pou elve, pou fè pitit sa yo rive kote yo pat janm rive , merite pou yo ta genyen. Malerezman anpil nan pitit sa yo pa menm kite paran yo vizite yo lakay yo, genyen ki di pitit yo pa pale kreyòl, granparan yo pap konprann timoun yo. M santi m fyè anpil de ou, Job Peterson Mompremier ! Aprann ke si anpil moun te trouve sa nòmal pou aji jan yo te fèl la, san konpasyon, san sansibilite, san konpreyansyon de reyalite pwòp tèt yo, genyen moun ki te defann papa w, genyen kite mete tout fot la sou do dirijan peyi sa, genyen kite tou pwofite defann lang kreyòl la ke yo mete a kote pou jisteman mete tout mas la akote.. Nan non tout sa kite aji mal, m fè papa w gwo eskiz, di li ke li se yon papa modèl, li se yon ekzanp. An Ayiti anpil papa pa la pou pitit yo, men li menm fè bon travay. M fyè de li, de fòs moral li, ak fason li ap ede kominote l. M sijere w fè yon ti videyo ak moun nan zòn lakay ou epi pataje l sou youtube oubyen sou facebook. Sa va ouvri je kelke inkonsyan sou pwòp reyalite peyi yo, ak kijan yo menm tou yo ka itil peyi yo. Ayibobo pou papa w, Ayibobo pou ou. Mési pou lèt sa ke m pataje tout kote m ka antre..

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